La mort héroïque du Père Anne de Nouë

 
 

Le 30 janvier 1646, étant parti des Trois-Rivières pour se rendre au fort Richelieu sur l’île Sainte-Croix, dont la construction était en cours, le père, surpris par la tempête, s’égara dans les îles du lac Saint-Pierre, et ne fut retrouvé que le 2 février suivant, à près de quatre lieues au-dessus du Richelieu. Un soldat du fort qui, avec deux hurons, s’était mis à sa recherche, vit au cap nommé de Massacre, à une lieue plus haut que Richelieu, un endroit où il s’était reposé.

Encore trois lieues plus loin, vis-à-vis l’île Plate et la terre ferme, entre deux petits ruisseaux, ils trouvèrent son corps gelé sur la terre découverte, en ayant vidé la neige en rond ou en cercle ; son chapeau et ses raquettes étaient auprès de lui, il était penché sur le bord de la neige relevée, il avait les yeux ouverts, regardant vers le ciel et les bras en croix sur sa poitrine.