Slide L'Histoire Père Jérôme Lalemant « Le Canada
est l'ouvrage de Dieu »
Sainte du Canada

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Drapeau de Carillon

« Comme je pleure, ô mon Dieu, que vous ne soyez pas connu, que ce pays sauvage n’est pas encore entièrement converti à la foi en vous, que le péché n’y est pas encore effacé! »

– Saint Jean de Brébeuf

 

 

La vie quotidienne du missionnaire

«Pendant le jour, le soleil vous brûle; pendant la nuit, tu coures le risque d’être la proie aux moustiques […]. Tu auras pour seul lit la terre, parfois seulement les rochers bruts et inégaux, et habituellement pas de toit, sinon les étoiles; et tout cela dans un silence perpétuel. Si tu es accidentellement blessé, si tu tombes malade […], je ne voudrais pas te garantir qu’ils ne t’abandonneront pas, si tu ne parviens pas à les suivre ».

« Quand tu arriveras chez les Hurons […], nous t’accueillerons dans une hutte, comme je n’en ai guère trouvé d’assez misérable en France pour la comparer; c’est ainsi que tu seras logé. Ennuyé et fatigué comme tu le seras, nous ne pourrons te donner qu’un pauvre tapis, ou tout au plus une peau, pour te servir de lit; et, de plus, tu arriveras à une saison où de misérables petits insectes que nous appelons ici Taouhac, et, en bon français, des puces, t’empêcheront de dormir toute la nuit, car dans ces pays ils sont incomparablement plus gênants qu’en France; […] Et ce petit martyre, sans parler des moustiques, des phlébotomes et d’autres espèces de vermine, ne dure généralement pas moins de trois ou quatre mois de l’été ».

«Et ensuite, comment penses-tu que tu passerais l’hiver avec nous? […] Je le dis sans exagération, les cinq et six mois d’hiver sont passés dans des inconforts presque continuels, un froid excessif, de la fumée et la contrariété des Sauvages; nous avons une cabine construite en écorce simple […]; la fumée est très souvent si épaisse, si ennuyeuse et si obstinée que pendant cinq ou six jours de suite, si tu n’y es pas totalement habitué, il serait beau si tu pouvais réciter quelques lignes de ton bréviaire».

« Après tout, si nous avions ici les attraits extérieurs de la piété, tels qu’ils existent en France, tout cela pourrait passer. En France la grande multitude et le bon exemple des chrétiens, la solennité des fêtes, la majesté des églises si magnifiquement décorées, vous prêchent la piété […] Vous avez la consolation de célébrer chaque jour la sainte messe […]. Ici, il semble que rien n’incite au bien; nous sommes parmi des peuples qui sont étonnés lorsque vous leur parlez de Dieu et qui n’ont souvent que de terribles blasphèmes dans la bouche […]. Surtout je n’oserais pas parler du danger de se ruiner parmi leurs impuretés […]. Mais assez de cela; le reste ne peut être connu que par expérience ».

 

Un appel de Saint Jean de Brébeuf

« « Mais est-ce tout ? », s’exclamera quelqu’un. Pensez-vous, par vos arguments, que vous allez jeter de l’eau sur le feu qui me consume et diminuer ne serait-ce qu’un peu le zèle que j’ai pour la conversion de ces peuples ? Je déclare que ces choses n’ont servi qu’à me confirmer davantage dans ma vocation ; que je me sens plus que jamais emporté par mon affection pour la Nouvelle-France et que je porte une sainte jalousie envers ceux qui endurent déjà toutes ces souffrances ; tous ces travaux ne me paraissent rien comparés à ce que je suis prêt à supporter pour Dieu ; si je connaissais un endroit sous le ciel où il y avait encore plus à souffrir, j’irais là-bas… Ah! qui que tu sois à qui Dieu donne ces sentiments et cette lumière, viens, viens, mon cher frère, ce sont des ouvriers tels que toi que nous demandons ici ; c’est à des âmes comme la tienne que Dieu a confié la conquête de tant d’autres âmes que le diable détient encore en son pouvoir. »

Saint Jean de Brébeuf