Le martyre de Joseph Chiouatenhoua

 
 

Les jésuites qui ont établi leurs premières missions au Canada au début des années 1600 furent assistés en Huronie par un certain nombre de nouveaux croyants, parmi lesquels Joseph Chiouatenhoua et son épouse Marie Aonette, ainsi que son frère Joseph et d’autres membres de la famille qui tous « vivaient et témoignaient de leur foi de manière héroïque. » 

      Chiouatenhoua avait été profondément touché par les enseignements chrétiens des missionnaires jésuites en 1636, lorsqu’il les a rencontrés pour la première fois, malgré le fait que d’autres membres de sa tribu huronne ont blâmé ces missionnaires pour les épidémies qui avaient éclaté dans les terres des Hurons. Lui-même est tombé malade. Après sa convalescence, il fut baptisé le 16 août 1637 par le père Jean de Brébeuf et baptisé Joseph. Sa femme, Aonette, a été baptisée le 19 mars 1638 ; son prénom était Marie. Leur mariage a été béni le même jour ; c’était le premier mariage catholique en Huronie. Joseph est devenu le premier administrateur laïque de l’Église catholique au Canada en 1639. Il aida les jésuites à traduire des hymnes et des prières du français en huron. Il fut impressionné par les enseignements de saint Ignace et les exercices spirituels. Il a été le premier Huron à suivre les Exercices de Saint-Ignace en huit jours. Son confesseur, le Père Lemercier, a heureusement consigné une méditation du néophyte  : «  Seigneur Dieu, je me réjouis de te connaître enfin. Tu as fait le ciel et la terre. Tu nous as créés, les hommes. Tu es notre maître comme nous le sommes du canot et de la cabane que nous avons faits (…). Oui, tu nous aimes. Je me consacre à toi. Tu es mon seul maître. Fais de moi ce que tu voudras. C’est en ta parole que j’espère. On ne doit plus craindre la souffrance dans la vie. Car nous en retirerons un accroissement de joie dans le Ciel et plus de courage dans l’affliction. Vraiment la mort n’est pas à craindre car c’est précisément ce qui nous ouvre le bonheur du Ciel.  »

    Ce bon chrétien se porte souvent au secours des Pères, et il décide un jour d’agrandir sa cabane afin qu’une chapelle assez décente pour son Dieu puisse y trouver place. En ayant reçu la garde, il s’écrie  : «  Hélas, mon Dieu, il faut un saint pour garder les choses saintes. J’ai soin de votre temple, ayez soin de mon âme, mon Dieu c’est à vous de me sanctifier.  »

Le 2 août 1640, il fut martyrisé à coup de tomahawk par deux Hurons qui avaient une haine envers lui, qui se dévouait tant pour les Pères jésuites. Peu de temps après la mort de ce saint Huron, saint Jean de Brébeuf aura une vision de lui dans sa gloire céleste : « J’ai vu un pavillon ou un dôme descendre du ciel et se poser sur la tombe de notre chrétien [Joseph Chiouatenhoua]. Ensuite, il m’a semblé que quelqu’un avait ramassé les deux extrémités du pavillon, en le tirant vers le haut, comme pour l’emmener au ciel … La vision a continué très longtemps. J’ai alors senti que Dieu voulait que je comprenne l’état de l’âme de ce bon chrétien » (Les Relations des Jésuites).