L’intervention de Notre-Dame de la Victoire

 
 

Guerre entre la France et l’Angleterre:

En 1690, les Anglais, qui cherchent à s’emparer de Québec depuis des décennies, menacent à nouveau la principale ville de la Nouvelle-France. En octobre, une flotte de navires commandée par William Phipps mouille l’ancre en face de Québec, le 16 octobre au matin. L’amiral Phips détacha immédiatement un officier pour sommer la place de se rendre. Le gouverneur Frontenac, piqué du manque de convenance dans les termes de la sommation, lui dit : « Allez, je vais répondre à votre maître par la bouche de mes canons ; qu’il apprenne que ce n’est pas de la sorte qu’on fait sommer un homme comme moi. » Malgré la confiance affirmée par le gouverneur, les moyens de défense de la ville sont faibles. L’inquiétude est palpable chez les habitants qui prient la Vierge Marie de leur venir en aide afin de repousser la menace anglaise. 

Le 18 octobre, l’ennemi tenta une descente entre Québec et Beauport. Mais il fut repoussé avec perte. Le même soir, les canons de la flotte de Phipps commencèrent le bombardement de la ville, qui fut continué le lendemain. « Cependant à mesure que le danger augmentait, les prières publiques redoublaient dans toute la ville. Les citoyens avaient pris pour patronne et pour protectrice la très Sainte Vierge. Une de ses bannières avait été apportée de Montréal, par l’abbé Joseph Serré de la Colombière, aumônier des milices, qui, lors de sa descente, l’avait placée comme un signe de salut à l’avant du canot qu’il montait. Cette bannière était portée chaque fois en procession dans toutes les églises… Les dames s’étaient engagées par un vœu solennel à se rendre en pèlerinage à l’église de la basse ville, si la sainte Vierge obtenait leur délivrance. »

Exposition d’un tableau de la Sainte Famille:

Un tableau de la Sainte Famille, appartenant aux Ursulines, fut exposé au haut du clocher de la cathédrale. « Cependant la confiance était telle, à Québec, écrit Ferland, que les dévotions publiques se continuaient comme dans les temps ordinaires. De la rade l’on voyait les hommes, les femmes et les enfants, se rendant aux offices de l’église sans paraître s’occuper de l’artillerie des Anglais. »
 
Les ennemis ayant tenté de prendre Québec par la vallée de la rivière St-Charles, furent repoussés victorieusement par les Canadiens. À la fin octobre, les glaces commencent à se former sur le fleuve Saint-Laurent. Ne parvenant pas à faire tomber rapidement la défense des Français, Phipps craint de rester prisonnier des glaces et il ordonne le départ de la flotte. Les habitants de Québec sortirent comme d’un rêve, lorsque dans la journée du 21 octobre, ils virent la flotte disparaître derrière la falaise de Lévis. Aux yeux de plusieurs, la protection de la Vierge a permis de mettre en déroute la menace anglaise en favorisant un début d’hiver hâtif. Dédiée à l’origine à l’Enfant-Jésus, la petite église prendra alors le nom de Notre-Dame-de-la-Victoire. Les dames de Québec s’empressèrent d’accomplir leur vœu et firent leur pèlerinage solennel à l’église de la basse-ville. Cette victoire fit sensation en France.

C’est à partir de cette année du triomphe des armes français contre les Anglais et les Autochtones coalisés, que l’on a célébré chaque année dans la colonie, le quatrième dimanche d’octobre, la fête de Notre Dame de la Victoire dans le modeste sanctuaire de la basse ville.

 

 

Sources :