La consécration du Canada à saint Joseph

« La tradition de la dévotion à saint Joseph remonte d’ailleurs au tout début de notre pays qui lui fut officiellement consacré en 1624 […] Les Relations des Jésuites nous révèlent à quel point ce culte était populaire en Nouvelle-France. C’est sous son patronage que s’accomplit l’évangélisation des Indiens et c’est le nom que l’on donnait habituellement aux nouveaux convertis. La coutume s’établit rapidement et s’est conservée jusqu’à nos jours de choisir le nom de Joseph comme premier patronyme au baptême. L’étude des mandements des évêques du Québec manifeste aussi que l’encouragement de la dévotion à saint Joseph est une constante de notre histoire » (Père Henri-Paul Bergeron, c.s.c.).

C’est aux premiers missionnaires de la Nouvelle-France, les Récollets (un ordre franciscain), qu’appartient l’honneur d’avoir choisi, par un vœu public fait à Québec le 19 mars 1624, et auquel tous les habitants se sont associés, saint Joseph « comme patron du pays et protecteur de cette Église naissante ». Les premiers missionnaires franciscains arrivent au Canada en 1615. Au début, leurs missions n’étaient pas très réussies. Ils avaient du mal à apprendre les langues autochtones et à trouver un moyen de les convertir. C’est au père Joseph Le Caron, missionnaire, que l’on doit le choix de saint Joseph comme premier patron du Canada ! Ce Récollet arrive à Québec en 1615, célèbre la première messe chez les Hurons le 12 août 1615, retourne en France l’année suivante, revient en 1617 pour exercer son ministère à Tadoussac avant de repartir en 1623 à la recherche de ses Hurons. Le Caron rédige un mémoire sur les coutumes des Hurons et les difficultés de l’œuvre d’évangélisation. Le Père le Caron : « Il semble que leurs péchés aient répandu en elles un aveuglement et une insensibilité pour toute sorte de religions, que les historiens ne remarquent point dans les autres peuples du monde » (Le Clercq, op. cit., I, p. 263-288).

Comme il était très difficile pour les Récollets d’évangéliser les indigènes, le Père Joseph Le Caron eut l’idée de consacrer le pays à Saint Joseph. Voici ce qu’il note pour le 19 mars 1624 : « Nous avons fait une grande solennité où tous les habitants se sont trouvés, et plusieurs sauvages, par un vœu que nous avons fait à saint Joseph, que nous avons choisi pour notre patron du pays et protecteur de cette église naissante. » 

 
 

Les historiens croient que la Saint-Joseph fut par la suite célébrée régulièrement, sauf peut-être pendant l’occupation de Québec par les frères Kirke (1629). En 1637, le père Le Jeune écrit dans les Relations des Jésuites que « Il n’est point d’endroit au monde où la fête de saint Joseph se célèbre avec plus de pompe et de réjouissance qu’au Canada […] chacun bénissant Dieu d’avoir donné pour protecteur à la Nouvelle France celui qui avait été durant sa vie le protecteur et comme l’ange gardien du Verbe incarné ».

Confirmation du Ciel:

Avant même de venir au Canada, Sainte Marie de l’Incarnation vit saint Joseph, en même temps que  » le grand pays  » qui lui était montré :  » Il était le gardien de ce lieu.  » La Bienheureuse Catherine de Saint-Augustin confie elle-même  » avoir, en différentes circonstances de sa vie, vu saint Joseph et entendu de sa bouche l’affirmation que Dieu l’avait constitué père, gardien et défenseur du pays de Canada « .

Confirmation de Rome:

En 1834, Grégoire XVI approuva définitivement le vœu de 1624 et saint Joseph devint officiellement le premier Patron du Canada. Saint Joseph fut donc honoré comme patron et protecteur de l’Eglise du Canada, avant d’être déclaré patron et protecteur de l’Eglise universelle par le pape Pie IX, le 8 décembre 1870.

 

 

Sources: 

P. Chrétien LECLERCQ, Premier établissement de la foy, I, p. 287 – Les Ursulines de Québec, I, p. 253.

Les relations des Jésuites