Le sanctuaire de Sainte-Anne-de-Beaupré

La Sainte-Anne-de-Beaupré fut établie en 1658, après une intervention de la bonne sainte Anne. L’histoire raconte que l’équipage d’un petit navire de Bretagne était en train de remonter le fleuve Saint-Laurent, afin d’émigré au Canada, lorsque soudain une tempête se leva dans la nuit. La mort était presque certaine, quand, se souvenant de la bonne sainte Anne de leur pays, les Bretons lui promirent un sanctuaire si elle les sauvait de leur péril. Au petit matin, leur navire avait dérivé jusqu’à la terre ferme, et un ciel bleu brillait au-dessus de leurs têtes. Ils entreprirent presqu’immédiatement la construction de la chapelle.

Le premier miracle signalé sur le site eut lieu pendant la construction même du sanctuaire. Un homme du nom de Louis Guimond fut embauché pour aider à construire la chapelle, même s’il souffrait de rhumatisme. Après avoir placé trois pierres sur la fondation du sanctuaire, Monsieur Guimond fut guéri de tous ses maux. Cela fut suivit d’autres témoignages de personnes guéries et le sanctuaire gagna rapidement en popularité. Sainte Marie de l’Incarnation, fondatrice des Ursulines de Québec, rend aussi témoignage de ces miracles, dans une lettre écrite à son fils, le 30 septembre 1665 : « À sept lieues d’ici, il y a un bourg appelé le Petit-Cap, où il y a une église de sainte Anne dans laquelle Notre-Seigneur fait de grandes merveilles en faveur de cette sainte mère de la très sainte Vierge. On y voit marcher les paralytiques, les aveugles recevoir la vue, et les malades de quelque maladie que ce soit recouvrer la santé. »

Qui est Louis Guimond:

Né dans la première moitié du XVIIe siècle, Louis Guimond est originaire de la paroisse Saint-Evroult de Champs (Orne, France). Toutefois les registres paroissiaux de cette période ayant disparu dans cette paroisse , son lieu de naissance n’est pas certain. Il est engagé le 18 février 1647 par Nicolas Juchereau , sieur de Saint-Denis pour Jean Juchereau, sieur de More comme manœuvre pour une durée de 6 ans moyennant 40 livres tournois par an. Les traversées aller et retour seront payées. Il reçoit une paire de souliers et un habit de serge de laine.

Louis Guimond pourrait être arrivé à Québec le 6 août 1647 à bord du vaisseau « La Marguerite » parti de La Rochelle deux mois plus tôt. Il fut guéri miraculeusement d’une infirmité en venant poser « trois petites pierres dans les fondations » de la chapelle dite « es matelots » à Sainte-Anne-de-Beaupré. La nouvelle de la guérison dûment attestée par l’abbé Thomas Morel et authentifiée par Monseigneur François de Laval, se répand et Sainte-Anne du Petit-Cap, qui deviendra la basilique Sainte-Anne-de-Beaupré, devient un populaire lieu de pèlerinage.

Il s’établit dans cette paroisse avec Jeanne Bitouset, une parisienne, épousée le 11 février 1653 à Québec. Il y vécut jusqu’au drame du 18 juin 1661, date à laquelle il est capturé par les Agniers (Mohawks), les plus belliqueux de la nation iroquoise, qui l’amènent sur leur territoire situé au delà du lac Champlain, dans la région d’Albany. 

Sous la signature du père Jérôme Lalement, une lettre écrite sur une escorce de bouleau par François Hertel, âgé de 19 ans, captif chez les Agnieronnons, et envoyée à sa mère puis au père Simon Le Moyne, nous donne la preuve de son martyre, début juillet 1661.  « Il a esté assommé de coups de bastons et de verges de fer; on lui a tant donnés qu’il est mort sous les coups. Mais cependant, il ne faisait que prier Dieu, tellement que les Iroquois, enragés de le voir remuer les lèvres pour prier, lui coupèrent toutes les lèvres hautes et basses. Que cela est horrible à voir! et néanmoins, il ne laissait pas de prier; ce qui dépita tellement les Iroquois qu’ils lui arrachèrent le coeur de la poitrine, encore tout vivant, et lui jetèrent au visage. »

Sainte Anne, patronne du Québec:

En 1876, l’épiscopat demande au Saint-Siège de proclamer saint Anne patronne de la province de Québec, on lit la note suivante dans le mandement de l’archevêque de Québec : « sans préjudice, toutefois, au titre que possède depuis 1624 saint Joseph, époux de la Bienheureuse Vierge Marie, comme patron du Canada tout entier ». Cette demande fut accordée.

 

 

Sources: 

http://www.perche-quebec.com/files/perche/individus/guimond-louis.htm