Le pèlerinage du Mont Salettin

 
 

Origine du village Notre-Dame-de-la-Salette :

En plein cœur de la Basse-Lièvre, en Outaouais, se trouve un village, adossé à une montagne dont les pieds baignent dans les eaux d’une rivière remplie de souvenirs. Ce sont les mines d’apatite ou de phosphate qui sont à l’origine du noyau villageois qui donne naissance à la future paroisse de Notre-Dame-de-la-Salette. L’activité minière, qui croît rapidement à partir de 1877, attire des travailleurs de partout. 

   La paroisse de Notre-Dame-de-la-Salette tire son nom d’un sanctuaire célèbre de l’Est de la France. La plupart des paroisses de la vallée de la Lièvre sont dédiées d’ailleurs à la Vierge Marie et à des lieux de pèlerinage français. Ce sont des prêtres originaires du diocèse de Gap, dont Joseph-Eugène-Bruno Guigues, premier évêque du diocèse d’Ottawa, et les abbés Eugène Trinquier et François Michel, qui ont choisi ces noms, en souvenir du lieu d’apparition de Notre-Dame à La Salette, en France, le 19 septembre 1846.

 Le Pèlerinage au Mont Salettin :

 C’est le curé Wilfrid Damien Richer, arrivé en 1889, qui jette les bases de ce qui allait devenir le pèlerinage du Mont Salettin. En 1890, il organise une levée de fonds pour terminer la construction de l’église et à l’automne, à la fin d’une retraite prêchée par l’abbé François Michel et le Père Ladislas, un capucin, il fait ériger une croix au sommet du mont. Au cours des deux années qui suivent, le curé Richer fait construire un escalier qui mène jusqu’en haut de la montagne. Cet escalier est entrecoupé de paliers sur lesquels sont placées les stations d’un chemin de croix. Ces dernières, entreposées pendant la saison d’hiver, sont perdues au cours de l’incendie qui détruit le presbytère en 1895. Quoi qu’il en soit, nous savons que le pèlerinage est inauguré officiellement le 14 septembre 1893, cinq jours avant la date anniversaire de l’apparition de la Vierge Marie à La Salette, en France.

L’incendie et la protection de la Vierge:

Vers la fin mai 1903, le village fait face à une tragédie. Un incendie de forêt prit naissance du côté de Val-des-Monts (Autrefois Portland Ouest). Sous la poussée des vents violents, le feu se propagea rapidement de l’autre côté de la rivière direction du chemin Thomas Nord, détruisant sur son passage plusieurs kilomètres de terres et forêts. Malgré l’ampleur des dommages matériels, il n’y eut aucune perte de vie. Une trentaine de maisons situés autour du lac de l’Argile furent détruites. On raconte qu’une statuette de la Vierge Marie, placée devant la fenêtre faisant face à l’incendie, permit miraculeusement d’épargner la demeure. Le feu s’est arrêté à quelques mètres de la maison de Monsieur Napoléon Boileau (c.f. Centenaire de N.-D-de-la-Salette, page 26)

Nouveau chemin de croix:

Le lieu de pèlerinage du Mont Salettin connaîtra une période de déclin jusqu’à l’arrivée du curé J.-Léopold Paquette qui relancera le tout. Le jeudi 19 septembre 1940, en présence d’une foule d’environ 1 000 personnes, il procéda à l’inauguration simultanée du nouveau chemin de croix du Mont-Salettin, dont les stations ont été refaites en ciment, et du pèlerinage régional en l’honneur de Notre-Dame-de-la-Salette. Les pèlerins sont alors invités à gravir les deux cents marches de l’escalier qui mène au calvaire et à la chapelle du sommet pour assister à la grand’messe qui y est célébrée. Les efforts du curé Paquette pour faire de ce pèlerinage un événement annuel se heurtent malheureusement à de nombreux obstacles. En 1942, l’ancienne chapelle du sommet est démolie après avoir été incendiée et en 1945, la croix de bois qui s’y trouve s’affaisse. C’est le curé Josaphat Hamelin qui reprend le flambeau : en 1954, il fait ériger une nouvelle croix sur la montagne et fait remplacer le vieil escalier de bois vermoulu par un escalier en fer. Plus tard, en 1957, il fait construire une petite chapelle commémorative au pied de la montagne, sur le site de la première église du village.

Enfin, en l’année 2015, on tente de redonner un troisième souffle au pèlerinage du Mont Salettin ! D’importantes améliorations ont été apportées à ses installations : l’escalier a été restauré, une aire panoramique y a été aménagée et une toute nouvelle croix y éclaire la nuit.

 
 

 

 

Sources:

-Centenaire de N.-D-de-la-Salette, 1883-1983