La Sainte Vierge repousse les balles

 
 

Le Père Mercier, dans sa relation de 1653, parle d’une action de valeur, dont les circonstances nous sont inconnues, mais qui montre l’habileté des hommes de Ville-Marie dans le maniement des armes. « La protection de la Reine des hommes et des anges sur ce poste, dit-il, parut dans une certaine rencontre d’une façon toute particulière. Vingt-six Français, se trouvant renfermés au milieu de deux cents Iroquois, auraient dû perdre la vie sans le secours de cette Princesse. Ces barbares firent une décharge sur eux, d’une lieu fort proche, et tirèrent deux cents coups sans blesser ni tuer personne. Ce n’est pas qu’ils ne manient très bien leurs armes; mais c’est que Dieu voulait, dans cette attaque, faire paraître visiblement la puissance de sa Mère sur ceux qu’elle a en sa sauvegarde. Il écarta les balles  des ennemis, et dirigea si bien celles des Français, qu’ils renversèrent quantité d’Iroquois, et mirent en fuite ceux qui échappèrent à la mort ou à des blessures notables. J’ai lu, dans une lettre, que les chemins par où ils passèrent en s’enfuyant furent trouvés tout couverts de leur sang; et qu’assez longtemps après leur départ, les chiens rapportaient des lambeaux de corps humains à l’habitation de Ville-Marie. » Le Père de Creux, rapporte aussi cet événement mémorable.

 
 

Source:

Abbé Faillon, Histoire de la  colonie française en Canada