Rose Prince

 
 

Naissance et jeunesse: 

La vie de Rose Prince peut sembler insignifiante au premier abord. De sa naissance, le 24 août 1915, jusqu’à sa mort sa vie fut largement cachée. Cependant, son histoire est la preuve que Dieu aime et sanctifie particulièrement les âmes ordinaires qui, à chaque instant, embrassent avec amour la tâche qui leur est confiée. Jésus lui-même passa la majeure partie de son temps sur terre à accomplir les simples tâches banales qui constituaient sa routine quotidienne à Nazareth. Les petites tâches accomplies avec beaucoup d’amour contribuent davantage à la sainteté qu’on ne pourrait l’imaginer.

Comme le Christ, la Vierge Marie et Saint Joseph, Rose Prince a vécu une vie cachée. Son Nazareth a été vécu dans le nord de la Colombie-Britannique. Elle est née à Fort Saint James de Jean-Marie et Agathe Prince de la nation Carrier. Le père de Rose était descendant d’un célèbre chef appelé Kw’eh (ou Kwah). Kw’eh était l’homme qui a accueilli l’explorateur Simon Fraser lorsqu’il est venu dans la région.

École Résidentielle:

Les gens appelaient son père  » Church Chief  » (Le chef de l’église) parce qu’il était le gardien de la paroisse de Our Lady of Good Hope (Notre-Dame-de-la-belle-Espérance) et l’interprète du curé local. Ses parents étaient de fervents catholiques et ont appris leur foi dans le système des pensionnats (école résidentielle). Lorsqu’un nouveau pensionnat a été ouvert à mi-chemin entre Fraser Lake et Fort Fraser, Rose y a été envoyée pour être éduquée. Elle y a bien réussi ; elle était une élève brillante, apprenant si bien ses leçons qu’elle était capable de donner des cours particuliers aux autres. Elle était également une artiste talentueuse, excellant dans la peinture, le perlage et les travaux d’aiguille. Elle effectuait aussi d’autres tâches simples, comme préparer les linges pour la messe. Mais la prière était le centre de sa vie, et elle passait de longues heures à la chapelle, malgré une déformation du dos qui lui rendait la position à genoux douloureuse. À l’exception des vacances d’été, elle passa toute sa vie, de l’âge de six ans jusqu’à sa mort, au pensionnat de Lejac.

En 1930 et 1931, elle connut une souffrance aiguë due à la perte de sa mère et de deux de ses sœurs à cause de la maladie. Elle rentra chez elle pour les funérailles de sa mère, mais choisit ensuite de revenir au pensionnat de Lejac et d’en faire sa maison. Elle aurait dit :  » Notre Mère bénie et son fils Jésus, ce sont mes parents. Je me sens si proche d’eux ici, je ne veux pas sortir et je n’ai pas l’intention d’aller ailleurs ». 

Ces dernières années, on insiste beaucoup des horreurs commises par certaines personnes dans des écoles résidentielles. L’une des histoires de pensionnat les plus poignantes raconte la mort de quatre jeunes garçons du pensionnat de Lejac. Ces décès sont survenus le 1er janvier 1937, à l’époque où Rose Prince travaillait au pensionnat. Andrew Paul et Johnny Michael avaient neuf ans et leurs compagnons Allen Willie et Maurice Justin n’avaient que huit ans lorsqu’ils ont tenté de rentrer chez eux après avoir quitté le pensionnat de Lejac. Malheureusement, les quatre garçons sont morts de froid par moins 30 degrés. L’histoire de Rose Prince montre que, même en des temps aussi sombres, Dieu ne nous abandonne pas. En vérité, c’est dans les pires moments qu’il envoie les plus grands saints. 

Malgré le fait que l’anglais était la seule langue autorisée dans l’école, Rose Prince réussit à traduire les prières et les hymnes dans sa propre langue, le dakelh. Elle apprit également aux autres élèves à prier et à chanter dans cette langue. Elle s’efforçait aussi de transmettre à son peuple la foi qu’elle avait reçue.

Mort de Rose Prince:

Rose a souffert d’affections physiques au cours de sa vie, notamment de la tuberculose et d’une grave courbure de la colonne vertébrale. Lorsqu’elle décéda le 19 août 1949, les sœurs du pensionnat de Lejac placèrent avec révérence un oreiller sous son corps dans son cercueil. Elles témoignèrent ainsi de leur respect à l’égard de son corps qui avait été source de nombreuses souffrances. Une infirmière qui s’était occupée de Rose à sa mort remarqua que, même après un certain temps depuis son décès, son corps ne s’était ni refroidi, ni n’était devenu rigide. L’infirmière appela donc le médecin pour savoir si Rose était simplement dans le coma. Après un examen, le médecin confirma que Rose était bel et bien morte. Elle fut inhumée peu de temps après.

Exhumation du corps: 

En 1951, deux ans après sa mort, le corps de Rose Prince fut exhumé avec plusieurs autres cadavres qui devaient être déplacés dans un autre endroit. Des témoins oculaires, dont Jack Lacerte, déclarèrent que le corps de Rose Prince était incorrompu. Bien qu’elle n’ait pas encore été officiellement déclarée sainte, Rose Prince fit l’objet d’une forte dévotion locale et de nombreuses personnes la considèrent déjà comme telle. Des signes et des prodiges sont venus étayer cette croyance. Des guérisons physiques furent rapportées, et de nombreuses personnes éprouvèrent un sentiment de paix après s’être rendues sur la tombe de Rose Prince. Des personnes signalèrent également une forte odeur de roses à proximité de la tombe, même si aucune rose n’y a été plantée.

 
 

 

 

Sources: 

Christine Schintgen, Canadian Sonnets, page 55

Père Émile-Marie Brière, Under Mary’s Mantle, Our Lady’s love for Canada, pages 185 à 188