Sainte-Anne-des-Montagnes

 
 

Le Père Joseph Onésime Brousseau

Tout a commencé en 1881, lorsqu’un jeune prêtre du nom de Joseph-Onésime Brousseau parvint à convaincre son évêque, Monseigneur Taschereau, de pouvoir partir fonder une nouvelle paroisse pour des familles éparpillées dans les bois, vivant dans des conditions de misère épouvantable. C’est ainsi qu’il fut nommé, en septembre 1882, curé fondateur de Saint-Damien et de Saint-Philémon  : la plus misérable paroisse du diocèse, elle regroupait quatre-vingts familles. Le “ village ” de Saint-Damien, ce n’était alors que cinq ou six chaumières et une chapelle minuscule, dans le grenier de laquelle le curé élut domicile. Ses paroissiens étaient disséminés dans les bois, pratiquement sans chemins tracés, pour s’acharner à mettre en culture des terrains très accidentés au sol granitique bien peu fertile.

L’abbé Brousseau, qu’on ne tarda pas à surnommer «  le saint curé  », devint vite le conseiller spirituel mais aussi agricole de ses paroissiens. Il les encouragea beaucoup, utilisa ses loisirs pour aider à l’épierrement des terres, construisit un moulin à scie, organisa le commerce du bois. Pasteur de son troupeau, il était aussi agronome, médecin, architecte, professeur, secrétaire pour toutes les démarches administratives, tout cela avec le sourire et toujours un mot de religion. Il était aussi connu pour avoir une grande dévotion à Sainte Anne.

Saint-Philémon, sa desserte, est à plus de vingt-deux kilomètres de Saint-Damien. Pendant quatre ans, il s’y rendit une fin de semaine par mois pour confesser, faire le catéchisme, célébrer la messe et visiter les malades.

Au printemps 1883, le Père Brousseau se lança dans la construction d’une église dans le village de Saint-Damien, voisine de la première chapelle qu’il convertira en presbytère. On fait une corvée, on lève les murs, la charpente. L’ouvrage est à peine fini qu’une tempête provoque l’écroulement de la frêle construction, tout est brisé, tout est à recommencer. Ses pauvres paroissiens redonnent du bois, et une semaine plus tard, les travaux reprennent.

L’église étant tout juste achevée, un autre malheur s’abbatit sur elle. Le feu prit dans le clocher. C’était en plein hiver, la neige recouvrait tout, il n’y avait pas d’échelle pour monter jusqu’au brasier. Tout sera-t-il perdu  ? Le curé pria sainte Anne et lui promit de construire un sanctuaire si l’église est épargnée. Dix minutes plus tard, à l’aide d’un palan improvisé, les paroissiens auraient miraculeusement réussi à maîtriser l’incendie qui s’était déclaré dans le clocher de l’église paroissiale.

    Le curé tint sa promesse, et une première chapelle dédiée à sainte Anne fut construire en 1885 à côté du presbytère. Celle-ci recevra le nom de chapelle Sainte-Anne-des-Montagnes. On la surnomme aussi la « chapelle du voeu ».  Elle deviendra pour les colons un lieu de pèlerinage bien fréquenté. On y enregistrera en dix ans cinquante guérisons miraculeuses et de nombreuses conversions morales, surtout d’alcooliques. En 1889, ils seront 1220 pèlerins à la fête de sainte Anne.

En 1905, le feu ravage le couvent-hôpital, la chapelle du vœu ainsi que la grange. Dès 1906, l’abbé Brousseau se remet à la tâche et la chapelle Sainte-Anne-des-Montagnes est reconstruite sur les bases de l’église d’origine.

 

Sources:

www.patrimoine-culturel.gouv.qc.ca/rpcq/detail.do?methode=consulter&id=166352&type=bien