Vénérable Élisabeth Bergeron

 
 

   Élisabeth Bergeron est née le 25 mai 1851, dans le village de la Présentation, près de Saint-Hyacinthe au Québec. Apparemment, elle avait un très mauvais caractère. La seule façon de la corriger qui fonctionnait, c’était de lui dire : « Arrête de te mettre en colère, tu fais de la peine à Jésus ».

  Élisabeth aimait beaucoup les cours de catéchisme. Lorsqu’elle a eu 8 ans, son frère de 12 ans a commencé à faire des cours de préparation à sa première communion. Il faut savoir qu’à cette époque, on faisait sa première communion à 12 ans. Très désireuse de faire sa première communion, Élisabeth a demandé à ses parents si elle pouvait le faire cette année-là. Les parents ont refusé et ne lui ont pas permis d’aller aux cours de catéchisme avec son frère.

    Élisabeth s’est dit en elle-même : « Jésus a désobéi à ses parents quand il est allé au temple de Jérusalem et que ses parents le cherchaient. Donc, je peux aussi désobéir pour aller au catéchisme ».

   Il faut savoir chers élèves qu’ici il s’agit de ce qu’on appelle la sainte désobéissance. L’Église enseigne que, puisque toute autorité est en-dessous de Dieu, on doit désobéir aux autorités qui vont à l’encontre de Dieu et de sa volonté. Donc, un parent ne peut pas nous obligé à faire quelque chose qui est péché ou qui est dangereux pour la foi; ou même qui irait à l’encontre de la volonté de Dieu.

     Élisabeth décide donc de sortir dehors en cachette pour aller aux cours. En sortant, elle voit un homme dans sa calèche avec son cheval. « Où vas-tu ma petite? », demande-t-il. Elle se dit : «Oh non, il faut que je trouve une bonne réponse ». Elle a pensé : « Ah, j’ai un oncle qui habite à côté de l’église où il y a le cours de catéchisme ». Elle répondit donc au monsieur : « Je veux aller chez mon oncle ». Le monsieur lui a dit : « Monte, je vais t’y amener ».

    Elle arrive chez son oncle qui lui demande : « Qu’est-ce que tu fais ici Élisabeth? » Elle répond qu’elle aimerait passer la journée et même la nuit chez lui. L’oncle lui dit qu’il doit d’abord aller demander à ses parents. Pendant que son oncle part, elle en profite pour aller au cours de catéchisme.

   Elle entre dans l’église et assiste aux cours en restant derrière. Pendant la pause, le curé s’approche d’elle et lui demande : « Tu ne vas pas jouer avec les autres enfants? » Elle répond qu’elle prie pour pouvoir faire sa première communion. Elle a promis au Bon Dieu qu’elle ne se mettra plus jamais en colère, si elle pouvait faire sa première communion à 8 ans. Le curé commence à lui poser des questions de catéchisme et s’aperçoit qu’elle le connaît même mieux que les autres enfants. Il accepte qu’elle fasse sa première communion à 8 ans.

  Quelques années plus tard, sa famille étant devenue pauvre, elle dut aller aux États-Unis pendant quelques années. Ils sont finalement rentrés au Canada. Élisabeth se mit à chercher un couvent pour y devenir religieuse. Malheureusement, rien ne marche. Elle est toujours refusée.

   Elle décide quand même d’aller tous les jours à la messe. Un jour, elle commence à voir apparaître un gros chien noir enragé qui essayait de l’empêcher d’aller à la messe. Prise de terreur, elle cesse d’y aller. Inquiet, le prêtre lui demande : « Élisabeth, pourquoi tu ne viens plus à la messe? » Elle lui raconte ce qu’elle voit. « C’est le démon, lui répond le bon prêtre. Je vais prier et tu peux recommencer à venir à la messe. Je te promets qu’il ne viendra plus ». C’était vrai, le chien enragé n’est plus jamais revenu.

   Une autre fois, son père lui a interdit d’aller à la messe pendant les jours de tempête ou de pluie. Encore une fois, elle se dit : « Papa n’a pas le droit de m’interdire d’aller à la messe ». Elle est partie à la messe en cachette, et son père s’en est rendu compte. Il s’est préparé à la disputer, lorsqu’elle reviendra à la maison. Mais dès qu’elle rentra dans la maison, il s’aperçut qu’elle était complètement sèche, alors qu’elle a marché sous la pluie. On comprendra alors qu’il s’agit d’un signe de Dieu.

 

 
 

 Projet de fondation:

Un jour, alors qu’elle alla à la messe, un prêtre dominicain lui demanda d’aller voir l’Évêque et de lui demander la permission pour pouvoir fonder une communauté de dominicaines contemplatives. Toute excitée, elle alla voir le Bienheureux Monseigneur Moreau ; mais celui-ci lui répondit : « Nous avons déjà des sœurs contemplatives à St-Hyacinthe. Nous n’en avons pas besoin d’autres ». Déçue, elle retourne voir le prêtre qui lui répond : « Retourne voir l’évêque et demande-lui encore ». Elle retourne revoir Monseigneur Moreau qui lui dit : « Je pense que Dieu a un plan pour vous. Retournez chez vous, priez et revenez me voir dans deux semaines ». C’est ce qu’elle fait.

   Deux semaines plus tard, elle revient et Monseigneur lui demande : « À quoi avez-vous pensez? » « À rien, répond Élisabeth, je veux juste faire la volonté de Dieu ». « C’est exactement ce que j’espérais entendre de vous », répondit Monseigneur. « Je veux que vous fondiez une nouvelle communauté de sœurs qui vont enseigner aux pauvres ». « Mais Monseigneur, elle répond, je ne sais même pas comment écrire ». Monseigneur Moreau lui répondit : « Dieu se sert des faibles pour confondre les forts ».  

    Élisabeth Bergeron commença sa communauté qui s’appelle les Sœurs de Saint-Joseph de Saint-Hyacinthe. La communauté commença avec des rudes épreuves. Presque tout le monde les traitaient de folles. Il y a même une religieuse qui est morte jeune. Inquiète, Élisabeth dit à Monseigneur Moreau : « Je pense que ce n’est pas la volonté de Dieu, puisque nous avons tellement d’épreuves ». Monseigneur lui répond : « Ma fille, ne savez-vous pas que les œuvres de Dieu se font toujours dans les sacrifices et les humiliations? Continuez votre œuvre ».

  Une fois, elles ont même manqué de nourriture. Elles ont prié Saint Joseph, et puis, elles ont trouvé le garde-manger plein de nourriture.

    La communauté s’est répandue très rapidement. Élisabeth est morte le 29 avril 1936, à l’âge de 84 ans. On raconte qu’on a ouvert son tombeau en 1968 et qu’on a trouvé une racine qui a poussé dans le cercueil. Quelqu’un s’est exprimé : « C’est la racine de notre communauté ».

 

Sources:

Yvon LANGLOIS, Élisabeth parfum d’étoile